10/19/2006

Chapitre 1-4 : Curiosité

Pendant au moins une bonne minute, Lysis avait été comme paralysée, prise entre deux flots contradictoires qui lui dictaient simultanément la fuite et la curiosité. Aucun des deux côtés ne parvenaient à prendre le dessus sur l’autre, du coup elle restait là, figée, ignorant le danger et le risque d’avoir l’air stupide .Ce fut cette brusque lueur qui l’extirpa de ce singulier affrontement. Cette fois c’était sûr, il y avait quelqu’un là dedans. Probablement peu recommandable qui plus est, en tout cas c’était ce que sa raison lui dictait, qui pourrait bien avoir la conscience tranquille pour se terrer dans un endroit comme celui-là ? Pourquoi semblait il se cacher et crier pour l’effrayer ? Elle se sentit immédiatement ridicule à la pensée de cette possibilité, mais et s’il s’agissait d’un esprit ou d’un truc comme ça ? Elle recula d’une marche tout en amorçant un demi-tour sur elle même, la balance penchait décidemment trop vers le côté de la fuite. Mais ce qu’elle ressentit à ce moment là, c’était comme quand quelque chose de méchant vient de nous échapper, et qu’on le regrette profondément à la seconde même ou on l’a prononcé. Elle avait toutes les raisons du monde de prendre ses jambes à son coup et de finir tranquillement sa journée déjà riche en émotion chez elle, mais non, quelque chose l’en empêchait, comme une force tyrannique qui désirait impérieusement qu’elle aille voir une bonne fois pour toute ce qu’il pouvait bien y avoir de si étrange dans cette satanée baraque.
Et voilà, encore une fois il avait fallu qu’elle rebascule la tête la première dans sa schizophrénie passagère. Mince alors, pourquoi fallait il toujours qu’elle soit l’archétype même de la fille girouette qui ne sait pas ce qu’elle veut? La simple pensée d’être assimilée à l’une de ces pimbêches hésitant pendant des heures entre l’harmonieux assemblage des couleurs de tel ou tel haut avec telle ou telle jupe, la mis tout simplement hors d’elle. Dans cet état là, il n’y avait plus de fantômes, plus de dangereux criminel protégeant son butin ou quoique ce soit qui puisse la contraindre à ne pas céder avec délice à sa curiosité vorace.

Avec une frénésie on ne peut plus excessive, elle s’empara de son Com³ et enclacha brutalement la fonction torche, tout en parcourant quatre à quatre les quelques marches la séparant de l’entrée.